dimanche 30 septembre 2007

Carnet Nomade : Espalion - Golinhac

Dimanche 30 septembre 2007
Espalion/Golinhac 27 kms

Je quitte Espalion un peu avant 8h30. Une longue route m'attend jusqu'à Golinhac. La Halte Saint-Jacques, le gîte où j'ai passé la nuit, était tout neuf. Pour la nuitée il m'en a coûté 13 € et le propriétaire ne m'a compté que 2 € pour le petit-déjeuner au lieu de 4. Il faut dire que, exceptionnellement, il ne le faisait pas ce dimanche matin. Mais vu, peut-être, que nous étions 4 quand même dans le gîte, les deux infirmières militaires et l'australienne, il nous a préparé du café et le reste (confiture, beurre...). J'ai dû seulement acheter du pain (1,50 €). Bon, je m'en suis tiré avec 16,50 €. 
J'arrive devant le VVF où Gérard et Marie-Dominique m'avait donné rendez-vous. J'ai dû traîner un peu sans doute, en longeant le Lot, puisqu'ils sont déjà partis. Ils ont laissé un message sur un poteau qui attendait là... 
Aux alentours d'Espalion la terre est rouge, ôcre, et belle. Nourrissante. Ça me fait penser aux Rougiers de Camarès, dans l'Aveyron.
Mon topo-guide est en lambeaux.
Le chemin paraît un peu moins dur dans l'ensemble. Evidemment il y a toujours des côtes et des descentes, mais il me semble que cela devient plus facile, si j'ose dire. Ou alors est-ce le fait d'avoir une petite semaine de marche dans les jambes ? 
Un peu plus tard, sur la route, je rejoins Gérard et Marie-Dominique et nous finissons ensemble cette étape jusqu'à Golinhac.
Le gîte de Golinhac (650 m) est froid. Il n'y a pas de chauffage dans le bâtiment. Je suis seul dans une chambre de 4 lits. L'ensemble est un peu vétuste. Mais il y  a de quoi dormir, des douches et le radiateur fonctionne dans la chambre. J'en profite pour faire une petite lessive et faire sécher les chaussettes et le reste. Le soir je prépare les pâtes que j'ai, mais il n'y a pas grand-chose dans la cuisine. Nous partageons ce maigre repas : pâtes au beurre avec un fond d'huile et un peu de fromage. Un bonheur, un régal. Comme quoi...  

samedi 29 septembre 2007

Carnet Nomade : Saint-Chély d'Aubrac - Espalion

Samedi 29 septembre 2007
Saint-Chély d'Aubrac / Espalion 24 kms

Départ vers 8h45 de Saint-Chély d'Aubrac. Le ciel est dégagé, il y a du soleil. Je suis seul sur le chemin. Je commence à m'habituer à cette solitude. Parfois je suis bien avec et à d'autres moments elle me pèse. J'ai toujours mal aux pieds et au genou gauche. Mais quand la machine est chaude ça va mieux. 
En partant de Saint-Chély d'Aubrac, je passe sur un pont. Le pont dit "des Pélerins", inscrit par l'Unesco sur la liste du Patrimoine Mondial, qui enjambe la Borlade.  Je croise 2 pélerines et un grand jeune homme nous dépasse tous les trois. Je le retrouverai plus loin assis sous un arbre en train de manger et après qu'il m'ait de nouveau rattrapé je le croiserai plus tard dans un sous-bois, assis, souffrant d'une tendinite...
A Lestrade, je tombe sur Gérard, Marie-Dominique, François et Jean d'Angers. Nous faisons halte pour nous restaurer puis continuons notre route ensemble et cela jusqu'à Espalion.
     

vendredi 28 septembre 2007

Carnet Nomade : Nasbinals - Saint-Chély d'Aubrac

Vendredi 28 septembre 2007
Nasbinals / Saint-Chély d'Aubrac 17 kms

Quitté le gîte vers 8h45. L'étape de ce jour me conduit jusqu'à Saint-Chély d'Aubrac. Il y a environ 4h30 de route. Ce n'est pas énorme mais il y a un bon dénivelé, une forte montée, une forte descente. 
Aujourd'hui encore il a fallu garder le poncho. Mais ce n'est pas de la pluie qui tombe, plutôt une sorte de brume ou de bruine qui flotte dans l'air et humidifie l'athmosphère. J'ai les bas de pantalon mouillé et boueux. 
De part et d'autre du chemin les pâtures séparées par des murets en pierres gardent les vaches Aubrac, fardées pour le bal.
Arrivé à hauteur du pont de Pascalet, plus exactement quelque mètres plus loin après une légère côte, il a fallu rebrousser chemin. Les pâturages que nous devions emprunter étaient fermés par arrêté préfectoral, un cas de charbon ayant été déclaré dans le troupeau. Il a fallu emprunter la D987 sur quelques kilomètres ce qui n'était pas prévu au départ. Une borne indique 1300 m d'altitude. 
Peu après 11h, j'arrive à Aubrac. Je suis trempé, je m'y arrête pour boire un chocolat, me réchauffer un peu. Comme hier, les sentiers sont semés de cailloux. Les descentes sont dangereuses et surtout, mon genou gauche me fait mal.
   

jeudi 27 septembre 2007

Carnet Nomade : Aumont-Aubrac-Nasbinals

Jeudi 27 septembre 2007
Aumont-Aubrac / Nasbinals 26,5 kms

Déjeuner, ce matin avec Elisabeth, Lucien, Charlotte et Maxime, ensuite Elisabeth m'a conduit à Aumont-Aubrac pour la suite du chemin. Il pleut. Je mets mon poncho.
La pluie va nous accompagner durant toute cette étape, ce morceau de chemin. Comme une compagne ennuyeuse. Je dis nous parce que j'ai rencontré Gérard et Marie-Dominique ainsi que ce monsieur de 67 ans, dont j'ignore le nom, et son camarade de route. Il y avait aussi Geoffrey de la Cathédrale du Puy.
Ce matin, avant de partir de chez Elisabeth, j'ai pesé mon sac à dos. Il faisait 12 kgs. J'ai donc près de 3 kgs de victuailles. 
Il n'y a pas de grosse côte entre Aumont-Aubrac (1050 m) et Nasbinals (1180 m). Juste une simple différence de 130 m sur toute cette distance, même si Montgros nous porte jusqu'à 1234 m.
Toute la journée il a plu et il a fait froid. il y avait des plaques de neige près de la Chaze de Peyre et Lasbros. Heureusement, si hier j'ai marché seul toute la journée, aujourd'hui nous étions 6 sur la route même si Geoffrey s'est ensuite arrêté à Rieutort d'Aubrac.   

mercredi 26 septembre 2007

Carnet Nomade : Domaine du Sauvage - Aumont-Aubrac

Mercredi 26 septembre 2007 
Domaine du Sauvage / Aumont-Aubrac 27,5 kms

J'ai quitté le Domaine du Sauvage à 8h après avoir pris un frugal petit déjeuner. Un peu de pain de seigle qu'il me restait encore de lundi soir et du faux café. 
Je suis seul, je me sens bien. Sur le chemin, une route forestière qui mène au col de l'hospitalet (1304 m), j'aperçois un écureuil qui très vite part se cacher derrière un arbre. Il fait frais, j'ai mis mon gilet. Le sentier serpente à travers la forêt. il y a ces odeurs de bois humide, de pins, de plantes dont je ne connais pas le nom qui s'engouffrent dans mon nez comme le bonheur du pays retrouvé.
J'arrive enfin en vue de la Chapelle Saint-Roch (1280 m). Elle se trouve en Lozère. D'après le panneau que j'ai vu quelques mètres plus tôt et qui indiquait la limite entre la Haute-Loire et la Lozère...
J'ai l'impression qu'il y a un changement dans le paysage.  Depuis le Domaine du Sauvage. Où est-ce une coïncidence ? Il fait plus froid et puis il pleuvine. Il y a de la brume sur les hauteurs, les nuages sont bas, lourds, gris, gris sombre, presque noirs.
Il y a des pierres un peu partout, posées sur le chemin, autour, à côté. la végétation n'est plus la même non plus. Il y a des genêts, des sapins. Je ne vois pas, je ne vois plus de bouleaux, de frênes, d'érables comme en Haute-Loire...
Il est 10h48 et j'aperçois un panneau qui indique Saint-Alban. Il pleut. il a plu depuis après la Chapelle Saint-Roch et jusqu'à maintenant. Heureusement que j'ai mon poncho. Je marche. J'ai toujours mal aux pieds. Une sensation de piqûre. C'est pénible.
En entrant dans Saint-Alban Sur-Limagnole (950 m), enfin, le temps se découvre. Je préfère ne pas m'arrêter. Je souffre des pieds et du genou gauche. je souffle un peu. Au sortir de Saint-Alban, près de la Mairie j'enlève mes chaussures pour me passer un peu de pommade et je repars sur la route. A la sortie de la ville la pluie reprend de plus belle. Le GR monte vers une grande croix sculptée qui se dresse dans le ciel noir puis descend vers Grazières-Mages, Chabanes-Planes. Après la croix de l'Azuel le GR descend de nouveau vers les Estrets (940 m).  


J'arrive à Aumont-Aubrac (1050 m) vers 15h55. J'ai froid, j'ai faim, je suis fatigué, j'ai mal aux pieds, au genou gauche. Sur un parking il y des voitures garées avec un peu de neige sur la carrosserie. Je tourne en rond puis j'avise un café. J'entre et me commande un chocolat chaud. Je retrouve là le monsieur que j'avais croisé plus tôt sur le chemin après Saint-Alban.   
(à suivre...) 

mardi 25 septembre 2007

Carnet Nomade : Saugues - Domaine du Sauvage

Mardi 25 septembre 2007
Saugues / Domaine du Sauvage 19,5 kms

Je me suis réveillé vers 5h30 et tout de suite préparé. Peu avant 7h j'étais prêt. Les pansements sont faits, j'espère que ça va tenir. Et grâce à Elisabeth et Lucien qui sont venus hier soir chercher un peu de mon matériel (un peu plus de 5 kg) cela devrait être moins pénible.
Je quitte le gîte vers 7h45. Je passe par la pharmacie acheter des pansements pour mes ampoules. Il est 8h quand je quitte Saugues. J'ai mis mon gilet, il fait frais. Mon sac est beaucoup moins lourd.
Au petit déjeuner j'ai parlé quelques minutes avec un couple, Gérard et Marie-Dominique Podevin. Nous avons parlé ampoules et chaussures. L'homme portait des chaussures de randonnée, et, mais, il disait que ce n'était pas une simple affaire de chaussures (?). Je ne comprendrais le sens de cette conversation mystérieuse que plus tard, bien plus tard...
(Trois fois le mot chaussures en 2 lignes ! Je suis vraiment fort !).
A la sortie de Saugues, j'aperçois des panneaux de signalisation qui indiquent Saint-Chély d'Apcher 40 km, Le Mont-Mouchet, Le Malzieu, Saint-Alban. Je reconnais mon pays. L'émotion me submerge. Ma route a des odeurs d'enfance, des souvenirs lointains... 
Je suis seul sur le Chemin, depuis Saugues.
Pendant un moment il y avait un pélerin qui marchait à quelques centaines de mètre devant moi, en point de mire. Là, je ne le vois plus. Je suis de nouveau seul, à part les quelques chiens qui m'accueillent à l'entrée des hameaux ou des villages.
Sur le chemin, je retrouve ce couple rencontré le matin même au gîte de la Margeride. Nous marchons ensemble et nous parlons, libérant quelques fragments de nos vies respectives. Nous allons marcher ainsi ensemble, jusqu'au Domaine du Sauvage.
Il faut que je m'arrête, je suis trop fatigué. Gérard me conseille de rester au Domaine du Sauvage. Eux vont continuer jusque Saint-Alban. Misère ! Il me manque 60 centimes pour le gîte et je n'ai plus rien dans les poches, sinon que du vent. Heureusement, Gérard m'avance les 60 centimes qui manquent. Sauvé !

lundi 24 septembre 2007

Carnet Nomade : Saint-Privat-d'Allier/Saugues

Lundi 24 septembre 2007
Saint-Privat-d'Allier/Saugues 20 km

Réveil 7h. Je mets des pansements sur l'ampoule que j'ai au talon droit. Une ampoule au bout d'un jour de marche, ça promet. Si ça continue comme ça dans quelques jours, j'en aurais tout un stock. Je dois aussi m'y reprendre à plusieurs fois pour ranger mon sac de couchage dans sa petite housse. Dans la salle commune tout le monde est attablé pour le petit déjeuner. Sauf moi. Je n'ai pas pris la précaution de prendre suffisamment d'argent sur moi, alors, je mange ce que j'ai, c'est à dire, pas grand-chose. Peeter me verse quand même un café et me donne un peu de son pain. C'est une leçon qui va me servir pour la suite. Avoir toujours un peu d'argent sur moi, et de nourriture.
Départ sur les coups de 8h avec Peeter.
Direction Rochegude avec sa tour immobile, pendue dans le ciel. Mais pour débuter, la route goudronnée monte jusqu'à un calvaire de croix, imperturbables dans la brume matinale. Arrivé à Rochegude, Peter flâne et je continue ma route. Nous nous perdons de vue et jamais plus je ne le reverrais sur le Chemin. De Rochegude (967 m) jusqu'au Monistrol (619 m) le Chemin descend de 348 m sur 3,5 km. C'est dire si les descentes sont rudes, parfois étroites, parsemées de pierres et de cailloux.
Mes pieds me font mal.
Enfin, j'arrive au Monistrol. Je fais une halte. Il y a un point d'eau potable.
Après le Monistrol, le Chemin monte très fort, jusqu'à Montaure. Une route départementale, goudronnée, bordée sur le côté de parois de Basalte, puis un chemin qui passe devant la Chapelle de la Madeleine. Enfin, une forte montée faite de marches en rondins de bois et d'une main courante amène le Chemin jusqu'à Escluzels. 

Arrivé à Saugues peu avant 15 heures, je choisis de m'installer au gîte de la Margeride, un centre d'hébergement et d'activités situé dans un ancien collège de Frères, datant du 19è siècle. Je ne tiens plus. J'ai mal aux jambes, aux pieds. J'ai tellement d'ampoules, on dirait un lustre...
(à suivre...)